Mise à jour : 27 mai 2026. Les montants présentés sont ceux publiés par la CNSA au 1er janvier 2026. Les conditions et plafonds peuvent évoluer en cours d’année. Vérifiez toujours auprès de votre Conseil départemental ou du CCAS de votre commune avant tout dépôt de dossier.

Votre parent rentre d’hospitalisation, peine à se lever seul, et l’aide-soignante qui passait deux fois par semaine ne suffit plus. L’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile est la principale aide publique française pour financer ce type d’accompagnement. Elle s’adresse aux personnes de 60 ans et plus en perte d’autonomie, sans condition de ressources pour l’attribution, mais avec une participation financière qui dépend des revenus. Demander l’APA à domicile suppose un parcours administratif balisé : un formulaire Cerfa, un dossier déposé au Conseil départemental, une visite d’évaluation à domicile, puis un plan d’aide notifié. Ce guide détaille chaque étape, les montants 2026, et les pièges à éviter.

L’APA à domicile, à qui s’adresse-t-elle ?

L’APA à domicile finance les services et équipements qui soutiennent l’autonomie d’une personne âgée vivant chez elle (ou chez un proche). Selon Service-public.fr, trois conditions cumulatives sont requises :

  • Avoir 60 ans ou plus au moment de la demande
  • Résider de façon stable et régulière en France, y compris au domicile d’un proche aidant ou dans une résidence autonomie
  • Être en perte d’autonomie évaluée en GIR 1, 2, 3 ou 4 sur la grille AGGIR

Le GIR (Groupe Iso-Ressources) classe le degré de perte d’autonomie de 1 (le plus dépendant) à 6 (autonome). Cette mesure repose sur la grille AGGIR (Autonomie Gérontologie Groupes Iso-Ressources), qui évalue 17 activités quotidiennes : se déplacer, faire sa toilette, s’habiller, se nourrir, communiquer, gérer son budget… La page officielle pour-les-personnes-agees.gouv.fr détaille la méthode d’évaluation.

Concrètement :

  • GIR 1 : personne confinée au lit ou au fauteuil, fonctions mentales altérées, présence indispensable et continue
  • GIR 2 : personne confinée au lit avec fonctions mentales préservées, ou autonome physiquement mais avec troubles cognitifs importants
  • GIR 3 : personne ayant conservé son autonomie mentale mais qui a besoin d’aide plusieurs fois par jour pour les actes corporels
  • GIR 4 : personne ayant besoin d’aide pour la toilette, l’habillage ou les repas, mais qui se déplace seule à l’intérieur

Au-delà du GIR 4 (donc GIR 5 et 6), l’APA n’est pas attribuée. La caisse de retraite peut alors prendre le relais via une aide à l’autonomie à domicile spécifique.

À noter : il n’existe pas de condition de ressources pour ouvrir le droit à l’APA. En revanche, les revenus déterminent un ticket modérateur, c’est-à-dire la part du plan d’aide qui reste à la charge du bénéficiaire (de 0 % à 90 % selon les revenus).

Formulaire Cerfa APA posé sur un bureau avec stylo et calculatrice, lumière naturelle

Qui peut faire la demande à la place du senior ?

La demande émane normalement du senior lui-même. En pratique, c’est très souvent un proche aidant qui prépare le dossier et accompagne la démarche. Trois cas de figure :

  • Le senior est autonome cognitivement : il signe lui-même la demande, un proche peut l’aider à remplir les pièces
  • Le senior n’est pas en état de signer : un mandataire (enfant, conjoint, proche) peut faire la demande avec une procuration ou si une mesure de protection juridique est en place
  • Une protection juridique existe (tutelle, curatelle, habilitation familiale) : le tuteur ou curateur signe la demande dans le cadre de sa mission

Le CCAS (Centre communal d’action sociale) de la commune peut aussi accompagner gratuitement le montage du dossier. C’est souvent le premier réflexe utile quand on ne sait pas par où commencer.

Étape 1 : retirer ou télécharger le formulaire Cerfa

La demande d’APA passe par le formulaire Cerfa n°16301*01, téléchargeable directement sur Service-public.fr. Trois canaux de retrait sont possibles :

  1. En ligne sur le site du Conseil départemental ou via le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr
  2. Au CCAS de votre commune ou au Point d’information local (PIL)
  3. Par courrier auprès du Conseil départemental, qui vous envoie le dossier

Certains départements ouvrent désormais un dépôt entièrement dématérialisé via leur portail usagers ou via monservicepublic.fr. Renseignez-vous sur le site de votre conseil départemental : la procédure varie d’un département à l’autre.

Étape 2 : constituer le dossier complet

Le dossier APA réclame plusieurs pièces. Préparer l’ensemble en amont évite des allers-retours qui retardent l’instruction. Voici la liste habituelle :

  • Justificatif d’identité : carte nationale d’identité, passeport ou titre de séjour en cours de validité
  • Justificatif de domicile récent (facture d’énergie, quittance de loyer, taxe d’habitation)
  • Avis d’imposition de l’année N-1 (les ressources servent au calcul du ticket modérateur)
  • Relevé d’identité bancaire au nom du demandeur
  • Justificatif de la composition du foyer (livret de famille, attestation de PACS)
  • Pour les non-propriétaires : copie du bail ou attestation d’hébergement

Si une protection juridique est en place, joindre la copie du jugement et l’identité du tuteur ou curateur. Quand des éléments médicaux peuvent éclairer la situation (compte rendu d’hospitalisation, certificat médical), ils sont utiles à l’équipe d’évaluation, sans être obligatoires au dépôt.

Le dossier complet est ensuite déposé ou envoyé au Conseil départemental du lieu de résidence de la personne âgée. C’est lui qui pilote l’APA, comme le précise la fiche officielle.

Étape 3 : la visite d’évaluation à domicile

Une fois le dossier réceptionné et déclaré complet, le département envoie un professionnel de l’équipe médico-sociale APA (souvent infirmière coordinatrice ou travailleur social) au domicile. Cette visite est gratuite et obligatoire. Elle dure entre une et deux heures.

L’évaluateur observe :

  • les gestes de la vie quotidienne : se lever, marcher, faire sa toilette, s’habiller, manger, se repérer dans le temps et l’espace
  • l’environnement : configuration du logement, présence de marches, accessibilité de la salle de bain
  • l’entourage : présence d’un conjoint, fréquence de passage d’un aidant familial, intervenants déjà en place
  • les besoins exprimés par la personne et son aidant

Cette évaluation aboutit à un classement GIR (1, 2, 3, 4 ou non-éligible) et à la construction d’un plan d’aide personnalisé : nombre d’heures d’auxiliaire de vie hebdomadaires, portage de repas, téléassistance, petits équipements, transport. C’est ici que le travail de l’aidant compte : avoir préparé une liste écrite des difficultés constatées sur une semaine type aide l’évaluateur à dimensionner correctement le plan.

Salon adapté avec déambulateur et barre d’appui murale, lumière naturelle

Étape 4 : la notification du plan d’aide et son acceptation

Le département notifie ensuite par courrier :

  • le GIR retenu
  • le plan d’aide chiffré (heures, prestations, montants)
  • le ticket modérateur à la charge du bénéficiaire
  • le montant mensuel d’APA versé

Le bénéficiaire dispose de 10 jours pour accepter, refuser ou demander des ajustements. En cas de désaccord sur le GIR ou le contenu du plan, un recours administratif est possible auprès du président du Conseil départemental, puis devant la CDAPH (Commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées) selon les cas. Le CCAS peut accompagner ce recours.

Plafonds APA à domicile 2026 par GIR

Les plafonds nationaux du plan d’aide sont publiés chaque année par la CNSA. Selon les tarifs au 1er janvier 2026 de la CNSA, ils sont les suivants :

GIRNiveau de perte d’autonomiePlafond mensuel du plan d’aide (2026)
GIR 1Dépendance totale, présence indispensable et continue1 952,58 €
GIR 2Confinement au lit/fauteuil ou troubles cognitifs sévères1 587,22 €
GIR 3Autonomie mentale conservée, aide quotidienne nécessaire1 181,60 €
GIR 4Aide pour la toilette, l’habillage ou les repas790,89 €

Ces montants représentent le plafond du plan d’aide, pas forcément la somme versée. Le département chiffre les besoins réels et applique le ticket modérateur selon les ressources. À titre indicatif :

  • En dessous d’environ 932 € de revenus mensuels (seuil 2026), le ticket modérateur est de 0 %
  • Au-dessus d’environ 3 433 € mensuels, il atteint 90 %
  • Entre les deux, il est calculé selon une formule progressive

La DREES précisait dans son édition 2024 que le montant moyen d’APA versé à domicile s’élevait à environ 410 € par mois, tous GIR confondus, ce qui illustre l’écart entre le plafond théorique et la réalité versée.

Encadré : l’APA d’urgence en 15 jours

APA d’urgence — quand l’utiliser

En cas de situation d’urgence médicale ou sociale (retour d’hospitalisation imminente, perte brutale d’autonomie, défaillance de l’aidant principal), le Conseil départemental peut attribuer une APA en urgence dans un délai de 15 jours suivant le dépôt du dossier.

Concerne en pratique les GIR 1 et 2 et certains GIR 3 selon le département. Le montant est forfaitaire (souvent autour de 950 € à 1 050 €/mois) en attendant l’évaluation définitive.

Comment l’activer : signaler explicitement l’urgence au dépôt du dossier (mention manuscrite sur le Cerfa, certificat médical de l’hôpital, courrier d’accompagnement du CCAS). Téléphoner ensuite au service APA du département pour confirmer la prise en charge.

Combien de temps cela prend en pratique

Le délai légal d’instruction est de deux mois à compter de la réception du dossier complet, d’après Service-public.fr. À défaut de réponse au bout de deux mois, l’APA est réputée accordée au montant forfaitaire correspondant au GIR 1.

En réalité, les délais varient sensiblement d’un département à l’autre. Selon les retours des CCAS, le délai moyen constaté oscille entre 3 et 6 mois entre le dépôt et le premier versement effectif, notamment dans les territoires urbains à forte demande. Anticiper la démarche dès les premiers signes de perte d’autonomie, ou dès l’hospitalisation, fait gagner plusieurs semaines.

L’APA est versée mensuellement sur le compte du bénéficiaire ou, dans le cadre du CESU préfinancé, directement à l’organisme de services à la personne mandataire.

Ce que l’APA peut financer

Le plan d’aide finance une palette large de besoins liés au maintien à domicile :

  • Heures d’auxiliaire de vie ou d’aide-ménagère (le poste principal)
  • Portage de repas à domicile
  • Téléassistance (abonnement et installation, voir comment elle s’articule avec la prévention des chutes à domicile)
  • Transport pour les rendez-vous médicaux ou les actes essentiels
  • Petits équipements non médicalisés : barres d’appui, rehausseur de WC, sièges de douche, tapis antidérapants
  • Accueil temporaire ou accueil de jour (forfait spécifique)
  • Rémunération d’un aidant familial sous conditions, selon la fiche Service-public.fr dédiée — sauf conjoint, partenaire de Pacs ou concubin

L’APA ne finance pas les dépenses médicales remboursées par l’Assurance maladie (consultations, médicaments, infirmière), les travaux lourds d’adaptation du logement (qui relèvent de MaPrimeAdapt’), ni les frais d’hébergement en EHPAD (couverts par l’APA en établissement, qui est un autre dispositif).

Salle de bain adaptée avec barre d’appui chromée et siège de douche

Cumuler l’APA avec d’autres aides

L’APA est cumulable avec plusieurs dispositifs, ce qui permet souvent de monter un financement global cohérent. Selon Service-public.fr :

  • MaPrimeAdapt’ : finance les travaux d’adaptation du logement (douche PMR, monte-escalier, rampe). Cumul possible, l’APA prend en charge l’aide humaine pendant que MaPrimeAdapt’ couvre les travaux. Notre guide détaille comment cumuler l’APA avec MaPrimeAdapt’.
  • Crédit d’impôt services à la personne : 50 % des dépenses d’aide à domicile non couvertes par l’APA sont déductibles
  • Caisse de retraite : pour les GIR 5 et 6 non éligibles à l’APA, ou en complément ponctuel
  • Mutuelle senior : selon les contrats, certaines couvrent un reste à charge

L’APA n’est pas cumulable avec la PCH (Prestation de compensation du handicap) pour les plus de 60 ans, l’ACTP (allocation compensatrice tierce personne), ni avec l’aide-ménagère du département versée au titre de l’aide sociale.

Erreurs fréquentes à éviter

Quelques pièges reviennent souvent dans les dossiers refusés ou retardés :

  • Sous-estimer les difficultés lors de la visite d’évaluation. Beaucoup de seniors minimisent leur perte d’autonomie par fierté. Préparer la visite avec l’aidant et lister les gestes problématiques en amont aide à ne rien oublier.
  • Confondre APA et PCH. La PCH s’adresse aux moins de 60 ans (ou aux personnes dont le handicap est survenu avant 60 ans). À partir de 60 ans, c’est l’APA qui prend le relais — sauf option pour les bénéficiaires PCH historiques.
  • Ne pas utiliser tout le plan d’aide. Le département peut suspendre ou réduire l’APA si le plan n’est pas consommé pendant plusieurs mois. Mieux vaut signaler tout changement de situation et demander une révision plutôt que laisser des heures inutilisées.
  • Oublier la révision. Le plan d’aide est révisable à tout moment : nouvelle hospitalisation, aggravation, départ de l’aidant familial. Une demande écrite au département suffit à enclencher une réévaluation.
  • Croire que l’APA est récupérable sur succession. L’APA est non récupérable sur la succession, ne fait pas l’objet d’un recours sur donation, et n’est pas imposable.

Comment demander l’APA à domicile : ce qu’il faut retenir

  • L’APA à domicile s’adresse aux personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4
  • La demande passe par le formulaire Cerfa 16301*01 déposé au Conseil départemental
  • Une visite d’évaluation à domicile détermine le GIR et le contenu du plan d’aide
  • Plafonds 2026 : de 790,89 €/mois (GIR 4) à 1 952,58 €/mois (GIR 1)
  • Le délai légal est de 2 mois, en pratique 3 à 6 mois selon les départements
  • Une APA d’urgence sous 15 jours existe pour les situations critiques (GIR 1 et 2)
  • L’APA est cumulable avec MaPrimeAdapt’ et le crédit d’impôt services à la personne

Le premier réflexe utile, quand un parent commence à perdre en autonomie, reste de contacter le CCAS de sa commune : l’agent connaît les spécificités du département et peut accompagner gratuitement le montage du dossier. Pour les situations complexes (recours, désaccord sur le GIR), un travailleur social du Point d’information local ou un avocat spécialisé en droit social prend le relais. Savoir comment demander l’APA à domicile sereinement, c’est avant tout préparer le dossier en amont et anticiper la visite d’évaluation avec l’aidant principal.

Information importante. Ces informations sont fournies à titre indicatif et ne remplacent pas un avis professionnel. Les montants des aides et les conditions d’éligibilité peuvent évoluer. Pour toute décision, consultez votre CCAS, un conseiller MDPH ou un professionnel de santé.

Sources

  1. Service-public.fr — Allocation personnalisée d’autonomie (APA), consulté le 27 mai 2026
  2. CNSA — Tarifs APA au 1er janvier 2026
  3. pour-les-personnes-agees.gouv.fr — Comment faire la demande d’APA à domicile
  4. Service-public.fr — Formulaire Cerfa 16301*01
  5. DREES — L’allocation personnalisée d’autonomie (APA), édition 2024
  6. Ministère des Solidarités — Ce qui change au 1er janvier 2026
  7. pour-les-personnes-agees.gouv.fr — Comment fonctionne la grille AGGIR
  8. pour-les-personnes-agees.gouv.fr — L’APA à domicile
  9. Service-public.fr — Cumul de l’APA avec d’autres aides
  10. Service-public.fr — Rémunérer un aidant familial via l’APA